• OGM

    OGM

    PAVE a contacté les conseils municipaux du Grand Valmon pour leur procurer des modèles de délibération et d'arrêtés interdisant la pratique de cultures transgéniques sur leur territoire communal et les inciter à débattre de ce sujet. Par notre courrier, nous attirons leur attention sur les arguments suivants :

    Risques écologiques :

    • La potentialité de dissémination des gènes modifiés est désormais démontrée. Il existe de nombreuses voies de contaminations par les OGM des plantes environnantes : pollen transporté par le vent et les insectes, pertes de graines durant les transports, transport par le vent sur de longues distances de graines, transports par les eaux de graines et plantules, repousses dans des champs ayant reçu une année des semences OGM. La dissémination de ces gènes modifiés est incontrôlable et irréversible.
    • Les caractères insérés lors des modifications génétiques (émission d’insecticide, résistance à un herbicide) sont envahisseurs. Ainsi l’organisme certificateur américain Farm Verified Organic a déclaré que la contamination OGM des semences de colza, maïs et soja en Amérique de Nord, était si envahissante, qu’il n’est plus possible pour les paysans de trouver des semences sans OGM. La dispersion incontrôlée des transgènes est susceptible de modifier l'équilibre des écosystèmes par la création d'organismes présentant une compétitivité supérieure à celle des espèces sauvages.
    • Au Canada, on constate qu’en trois ans, les mauvaises herbes ont intégré les gènes de résistances aux herbicides présents dans les OGM cultivés. Cette situation oblige ces paysans à recourir à des herbicides totaux dans toutes les cultures. Dans son rapport du 17 septembre 2002, la Soil Association (organisme américain de certification d’agriculture biologique) signale, dans le Mississipi, l'apparition d’une mauvaise herbe résistantes au glyphosate et nécessitant un traitement avec des doses de 7 à 13 fois plus importantes que les individus non résistants. Les OGM résistant à un herbicide, loin de diminuer la pollution, engendrent l’utilisation de plus d’herbicide.
    • La toxine insecticide Bt que sécrète le maïs génétiquement modifié est mortelle pour les insectes ravageurs mais aussi pour d'autres insectes. Une étude a montré que le papillon monarque, ou des prédateurs bénéfiques tels que la coccinelle pouvait être tué par le Bt émis en quantité faible.
    • La fécondation, par le pollen de plantes transgéniques, d'espèces sauvages proches constitue le risque le plus souvent évoqué. Mais d'autres mécanismes commencent à être étudiés. Le Laboratoire d'Ecologie Microbienne du Sol (CNRS-Université Lyon 1 Villeurbanne) constate la potentialité de dissémination aux micro-organismes du sol. Une étude réalisée pendant trois ans par le professeur Hans-Heinrich Kaatz, de l'université de Iena, a mis en évidence que le gène utilisé pour modifier la structure génétique du colza s'était propagé à des bactéries portées dans leur organisme par des abeilles.

    Risques économiques :

    • Le rapport Benbrock Northwest Science and Environnemental Policy Center (Idaho – Etats-Unis) montre, pour le soja modifié, une consommation d’herbicide en hausse (11% en moyenne ; jusqu'à 30 %) et un rendement en baisse de 5 à 10 %. L'enquête de la Soil Association constate également des rendements inférieurs à ceux des variétés conventionnelles (sauf pour le maïs), des pertes de récoltes inexpliquées, une diminution sensible du taux de germination (en soja), une augmentation des quantités d'herbicides pour lutter contre les résistances développées par les plantes adventices. Si l'on ajoute des coûts de semences OGM supérieurs de 25 à 40% et un prix de vente plus bas, les cultures OGM pénalisent le revenu des agriculteurs.
    • Chaque semence OGM est brevetée, et le paysan n’a pas le droit de ressemer le produit de sa récolte. Il devra ainsi payer chaque année des royalties à une poignée de multinationales (de moins en moins nombreuses par le jeu des concentrations).
    • Dans le cas où des contaminations avec du matériel génétiquement modifié se reproduiraient chaque année (par exemple à cause d’une large proportion de culture OGM dans certaines régions) les exploitations inscrites dans une filière de qualité (agriculture biologique par exemple) perdront leur statut, ce qui engendrerait des pertes financières considérables.
    • Il est scientifiquement prouvé que des repousses de colza peuvent apparaître entre dix et quinze ans après le semis. Si un locataire de terres agricoles ensemence en OGM une parcelle louée, la possibilité de remploi de la terre, pour reconversion en agriculture de qualité par exemple, sera diminuée ainsi que sa valeur foncière.
    • La présence de culture OGM dévalorise l’image touristique des communes qui font un effort de promotion de leur patrimoine culturel et de leurs produits de terroirs.

    Risques sanitaires :

    • L’ingestion de pesticide par le consommateur serait nettement plus forte si les plantes génétiquement modifiées devaient se répandre, tant elles en sont imprégnées. Leurs molécules cumulent des effets allergisants, neurotoxiques, cancérigènes, mutagènes et hormonaux en altérant la fertilité des mâles.
    • En février 2002, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire et des Aliments (AFSSA) a rendu un rapport sur « l'évaluation des risques relatifs à la consommation de produits alimentaires composés ou issus d'organismes génétiquement modifiés ». Dans ce rapport, l’AFSSA observe que seules des études de toxicité chronique permettraient de révéler des effets potentiels d'une exposition prolongée sur les systèmes vitaux, notamment immunitaires, hormonaux et reproducteurs. Elle regrette que de telles études n’aient pas été faites. Dans ce contexte, le principe de précaution doit prévaloir.

    Risques socio-politiques :

    • Les risques liés aux prises de brevets sur des organismes vivants, donc à l'appropriation des ressources, mais aussi à la standardisation et la banalisation des êtres vivants en les transférant dans le domaine de la technique, sont à évaluer en profondeur car ils entraînent des modifications sociales.
    • Transformer, hier les micro-organismes, aujourd’hui les végétaux, demain l’animal (ils sont déjà dans les labos), conduit inévitablement à une transformation, après-demain, de l’homme. Les différents comités d’éthique n’y pourront rien. Nous sommes confrontés à la banalisation de la vision du vivant comme d’un jeu de mécano.
    • A l’évidence, essais ou culture d’OGM consistent à faire une expérience grandeur nature. Il y a là une confusion entre le laboratoire, où l’on peut contrôler ce que l’on fait, et la nature où tout est lié. Notre espace social ne peut être considéré comme une annexe des laboratoires. De plus, l’irréversibilité des OGM une fois introduits dans les écosystèmes agricoles signifie à terme leur imposition à toute la société. Les conseils municipaux et les maires, ainsi que les représentants de la société civile sont insuffisamment associés aux processus de validation, d'autorisation et d'analyse des essais.
    • Une commune doit s’attendre à ce qu’un agriculteur contaminé se retourne contre elle pour ne pas avoir exercé ses pouvoirs de simple police par un arrêté interdisant les cultures ou essais d’OGM. Les frais financiers d’un tel procès sont lourds pour la commune.
    • Les registres contenant l’indication des parcelles ayant été ensemencées en OGM devront certainement être gérés localement. Par l’interdiction de la culture ou d’essais de OGM sur son territoire, la commune diminue aussi ses frais de gestion administrative pour le cas où l’Etat attendrait d’elle ce travail.

    Les élus concernés ont été invités à venir s'informer, et se procurer des éléments pour nourrir leur réflexion et leurs débats, à la conférence de Jean-Marie Pelt qui a eu lieu le vendredi 14 janvier 2005 à la salle du Couarail de Loisy.

    Pour rédiger notre argumentaire, nous avons utilisé :
    Inf'OGM
    OGM dangers
    Terre sacrée
    ainsi que l'aide du Centre des Groupements des Agrobiologistes de Lorraine

    Autres sites sur ce sujet :
    Crii-Gen
    Les amis de la terre
    Agir pour l'environnement
    Combat Monsanto

    PAVE est membre du collectif 54 sans OGM