• Le jardinage biologique

    Le jardinage biologique
    par Jacques Maubert


    Vendredi 11 mars 2005 à 20 h 30
    Salle polyvalente de Ville-au-Val

    Jacques Maubert, jardinier averti, se propose de partager les connaissances acquises au cours de 20 années d’expérience pour produire des légumes de qualité sans aucun produit chimique. En étant attentif à associer les bonnes plantes entre elles et à respecter les qualités de la terre, on peut obtenir des récoltes abondantes tout en protégeant l'environnement.

    Quelques sites d'initiation au jardinage biologique :
    Christian Seon
    Jacques Guy
    Les trucs du jardinier

    Les principes fondamentaux du jardinage biologique sont bien établis, mais la réalisation concrète n'est pas une science exacte. Les jardiniers n'ont pas de cahier des charges et sont libre d'appliquer les méthodes qu'ils veulent. Pour avoir de bons rendements sans utiliser de produits chimiques, il faut connaître certaines règles de base. Nous allons voir ce soir comment se nourrissent les plantes, et quel est l'impact des produits chimiques sur elles.

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    Les informations sur lequelles j'appuie mes pratiques de jardinage sont fournies par des scientifiques. Toutes les plantes obéissent aux mêmes lois pour leur nutrition. Elles ont besoin de 32 éléments apportés, pour quatre d'entre eux par les feuilles à travers la photosynthèse. Ces quatre éléments représentent 92 % du poids sec de la plante. Les racines apportent 8 % du poids sec, mais doivent fournir 28 éléments différents pour que la plante soit en bonne santé.

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    Les racines ont besoin d'un grande force d'absorption. Les vers de terre fabriquent un mélange organo-minéral non soluble, que la plante doit absorber. Elle est aidée par les mycorhises, champignons très fins qui vivent sur les racines. Ils fournissent les minéraux que la plante n'arrive pas à absorber et éliminent ses déchets.

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    Les engrais chimiques sont en général composés d'azote, de phosphore et de potasse, qui sont des éléments solubles. Les plantes les absorbent facilement et ne se procurent plus les autres éléments, ce qui provoque des carences. La plante n'est alors pas résistante aux champignons et à ce qu'on appelle maladies. On a donc besoin de traitements pesticides et fongicides qui modifient le métabolisme de la plante et la rendent encore moins solide.

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    Q : Pourquoi voit-on des arbres malades dans des friches qui ne reçoivent portant aucun traitement chimique ? La pollution atmosphérique est-elle en cause ?

    R : Il faut aussi nourrir les arbres. Il faudrait leur apporter du compost tous les ans, et mettre de la chaux sur le tronc pour apporter du calcaire. Il ne faut pas rejeter la faute sur la pollution ou les traitements des voisins.

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    Q : Est-il nécessaire de bêcher au pied de l'arbre ?

    R : Oui, pendant les cinq premières années. Ensuite, les racines sont loin et ça ne sert plus à rien.

    Q : Est-il bon de leur mettre de la corne broyée ?

    R : La corne broyée, c'est de l'azote. L'arbre a plutôt besoin de carbone. Si on en met, il faut la mettre sur le sol, et faire confiance aux vers de terre pour la faire descendre et fournir à la plante la quantité qu'il lui faut. Enterrer ce qu'on souhaite apporter à la plante revient à la gaver de cet élément, ce qui n'est pas bon pour l'équilibre de sa nourriture.

    Q : Puisqu'on connaît les éléments nécessaires aux plantes, pourquoi ne fabrique-t-on pas des engrais qui leur apportent tout ce qu'il leur faut ?

    R : Les chimistes se sont effectivement contentés des principaux éléments, avec lesquels ils ont tout de suite obtenu des résultats. Depuis 1945, on sait que les engrais chimiques entraînent des maladies. Mais, comme ça permet de vendre aussi des pesticides et que ça rapporte beaucoup d'argent, on continue comme ça.

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    Il ne faut pas utiliser d'engrais chimique, ni de fumier frais. Tout comme la matière organique se transforme avant de devenir nourriture pour les plantes, le fumier doit subir une transformation aérobie, avant d'arriver sur le jardin. Le compostage accélère cette transformation, mais elle reste indispensable. Il faut mettre le compost sur le sol en automne, à raison de 300 kg à l'are. Les vers de terre utilisent cet humus et les minéraux du sol pour produire le mélange organo-minéral qui sera la nourriture des plantes. Si on met la fumure dans le sol, la plante s'en nourrira directement et n'aura que les apports organiques, sans les minéraux. La bouillie bordelaise a pour rôle de tuer les champignons, donc les mycorhizes qui sont indispensables à la plante. Elle ne doit donc pas être utilisée.

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    Les plans de tomates que l'on achète dans les magasins ont été semés en janvier ou février. Etant donné que la durée de vie normale d'un plan de tomate est de 7 mois environ, il est normal qu'ils meurent au mois d'août. Il suffit de semer soi-même ses tomates en mars ou avril pour en avoir jusqu'à la fin de l'été, sans avoir à traiter contre le mildiou.

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    Les animaux du sol qui concourent à la décomposition de la matière organique ont chacun un rôle bien défini. Ils apportent aux vers de terre la nourriture sous forme de bouillie qu'il leur faut. Si on retourne la terre, on bouleverse cette organisation. Les bactéries, par exemple, ne sont pas mobiles. Si on les déplace, on les tue et il faudra du temps pour qu'elles soient remplacées. Il faut donc ameublir la terre sans la retourner, à l'aide de la grelinette.

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    Le jardinage biologique utilise toute la faune et la flore du sol, il ne faut donc utiliser aucun produit chimique dont on ne contrôle pas les effets sur cette organisation complexe. Il ne faut pas mettre le compost au printemps car les animaux du sol n'auraient pas le temps de l'absorber et de le transformer en nourriture pour les plantes.

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    Le jardinier biologique doit favoriser les vers de terre en couvrant le sol afin de leur donner l'humidité qui leur convient, en leur apportant le compost qui les nourrit, et en appliquant une rotation des cultures qui permettra de varier leur alimentation.

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    Il y a plusieurs méthodes de rotation. J'ai adopté la rotation sur quatre ans qui me semble avoir un certaine logique. Elle permet d'alterner les légumes feuilles, racines, fruits puis fleurs, qui ont chacun des exigences particulières vis-à-vis du sol. Pour obtenir une répartion équilibrée dans les quatre espaces du jardin, on groupe les pommes de terre avec les légumes fleurs, et non pas avec les légumes racines.

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    La couverture du sol est indispensable pour favoriser le travail des vers de terre. Il n'y a pas de solution idéale. La paille utilise l'azote du sol pour sa décomposition. La tourbe est très acide. Les tapis couvre-sol biodégradables ont le défaut de coûter cher. J'utilise les mauvaises herbes que je laisse pousser entre les rangées de légumes. C'est la solution qui donne le moins de travail.

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    Q : Que mettre en paillage pour l'hiver ?

    R : C'est le compost mis à l'automne qui sert de paillage pour l'hiver.

    Q : En été, faut-il laisser pousser le mouron par exemple ?

    R : On peut accepter toutes les mauvaises herbes, dans la mesure où on ne les laisse pas dominer les légumes.

    Q : Faut-il détruire les plans de tomate qui ont eu le mildiou ?

    R : C'est totalement inutile. En arrachant et en déplaçant ces pieds de tomate, on dissème les champignons responsables du mildiou. Il faut également savoir que les tomates n'ont pas besoin de beaucoup d'eau. Il suffit d'un litre par pied tous les 15 jours. Avant tout, c'est la façon dont on a soigné la terre qui est essentielle.

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    Le compost est la nourriture des vers de terre. Dans la nature, les végétaux mettent quatre ans à se décomposer. Pour obtenir le même résultat plus rapidement, nous mettons de la paille qui apporte surtout du carbone et des parties vertes qui amènent de l'azote en alternance et maintenons ce mélange à un taux d'humidité de 60 %.

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    Les champignons et les bactéries vont provoquer une fermentation. Ensuite interviennent les vers rouges, qu'il ne faut pas confondre avec les vers de terre. S'il est bien préparé, le compost n'a pas à être retourné. On en mettra 200 kg par are et par an.

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    Cette quantité représente quatre brouettes. Le compost qui est fabriqué en usine est trop chauffé. Il est devenu inerte et n'enrichit pas la terre comme celui que nous faisons nous même. La couverture du sol est indispensable pour protèger et nourrir les vers de terre.

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    Dans la nature, la monoculture n'existe pas. Les plantes s'associent en fonction de leurs besoins respectifs. L'expérience montre que, dans le jardin, certains voisinages sont néfastes et d'autres sont bons. Par exemple, la piéride du chou n'aime pas l'odeur de la tomate et la proximité de la tomate est donc très bénéfique au chou. De la même façon, l'odeur de l'oignon éloigne la mouche de la carotte. Actuellement, la mouche mineuse du poireau, qui nous vient d'Europe de l'est, ne concerne en France que la Lorraine. On ne sait pas encore très bien ce qui est efficace, mais il semble qu'il faut utiliser des tailles de thuya, des branches de céleri, de la menthe, de la tanaisie ou de la sauge pour faire fuir ce parasite.

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    Contre les maladies cryptogamiques, c'est à dire provoquées par des champignons, on utilisera une décoction de presle plutôt que la bouillie bordelaise. Pour la préparer, il faut faire bouillir 200 g de presle dans 2 litres d'eau pendant 20 minutes. On ajoute ensuite 8 litres d'eau. Il faut arroser au pied de la plante, à raison d'un litre une fois par semaine. L'opération doit être effectuée trois fois.

    Pour éloigner les mulots, on peut planter des branches de sureau (trois ou quatre autour de chaque arbre, ou une tous les deux mètres environ) que l'on remplacera chaque automne. Contre les limaces, on peut mettre de la chaux en automne, mais au moins un mois avant le compost.

    Jacques Maubert recommande, pour s'initier au jardinage biologique, le livre :

    • Jean-Paul Thorez
      Le guide du jardinage biologique

    Il complète sans cesse ses connaissances avec la revue :

    • Les quatre saisons du jardinage

    Tous deux sont disponibles aux éditions Terre Vivante

    Il nous indique un fournisseur de matériel :

    • MAGELLAN
      Z.A. Les Landes
      24290 LA CHAPELLE AUBAREIL
      Tél : 05 53 51 22 25
      Fax : 05 53 51 22 54

    Pour se procurer une grelinette :